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Chère Madame, cher Monsieur,
Nous sommes des réfugiés Sri Lankais et souhaitons attirer
votre attention sur le fait que nous vous écrivons cette lettre depuis le
centre de détention de l’immigration de Bangkok.
Nous avons été reconnus réfugiés à diverses dates par
l’UNHCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés).
Certains d’entre nous sont en détention depuis plus d’un
an, et 19 enfants dont 7 de 1 à 3 ans, 11 femmes sur un total de 58
réfugiés sont actuellement emprisonnés. Le bureau de l’immigration de la
Thaïlande nous a arrêtés pour séjour au delà de la validité de notre visa,
car nous n’étions pas autorisés à étendre ce visa pour rester légalement
dans ce pays. Depuis le 11 Avril 2007, nous n’avons reçu aucune visite de
l’UNHCR, et avons ensuite appris que l’UNHCR n’était pas autorisé à nous
rendre visite.
Nous avons appris il y a quelques jours que les dossiers
de la plupart d’entre nous avaient été transmis par l’UNHCR aux ambassades
de certains pays tiers pour une demande d’implantation prioritaire urgente
mais jusqu'à maintenant, nous n’avons pas eu de détails personnels à ce
propos.
Nous nous sommes échappés de notre terre natale à cause
du danger de mort que nous y encourrions et de la guerre civile meurtrière
actuellement ravivée. Nous avons fui vers la Thaïlande pour y demander
l’asile politique auprès du bureau de Bangkok
de l’UNHCR, mais nous sommes actuellement emprisonnés comme des accusés.
Nous ne comprenons pas pourquoi nous sommes en prison. Nous n’avons commis
aucun crime en Thaïlande, mais nous-mêmes et nos enfants sommes maintenant
emprisonnés en situation critique sans aucune raison.
Nombre de nos familles ont perdu leur lieu de vie, leurs
proches, leur ville d’origine au Sri Lanka. Nous souffrions déjà
physiquement et moralement de cette situation, mais cet emprisonnement
prolongé et indéterminé rend notre survie encore plus hasardeuse et finira
par nous rendre fous. Nous ne pouvons plus supporter d’être enfermés 24h/24
dans des cellules surpeuplées où la lumière du jour ne pénètre jamais. Nous
oublions jour après jour à quoi ressemblent le ciel, le soleil, car nous
n’avons pas fait un seul pas en dehors de notre cellule depuis plus d’un
mois et demi.
Nous vous prions de faire preuve envers nous d’un
minimum d’humanité et de nous aider à être relâchés de derrière les
barreaux.
Nos enfants sont déjà marqués physiquement et
mentalement. Ils ont perdu du poids et sont devenus faibles par manque de
nourriture adéquate.
Leur futur est en question, car ils n’ont pas
l’opportunité de recevoir une éducation primaire ou secondaire.
Nous sommes soumis à de terribles privations, et les
membres d’une même famille n’ont même pas le droit de se voir.
Parmi tous les institutions, organisations
internationales et pays qui défendent publiquement les droits de l’enfant, est-ce qu’aucun
d’entre eux n’élèvera la voix pour protéger aussi nos enfants?
Nous rêvons du jour où l’on accordera à nos enfants le
droit de vivre autre chose que la guerre et l’emprisonnement,
Nous rêvons du jour où il leur sera offert un lieu pour
jouer, rire, grandir et apprendre librement,
Nous rêvons du jour où nous trouverons un lieu de vie où
le respect des Droits de l’Homme nous sera également appliqué,
Nous rêvons du jour où un pays nous accueillera, nous
offrant par là même une chance de construire un avenir décent avec nos
enfants.
Quelque soit l’action qui est en votre pouvoir, nous
vous supplions de l’entreprendre afin que nous soyons libérés et accueillis
dans un pays où nous pourrons guérir de nos blessures et commencer une vie
nouvelle.
Chère Madame, cher Monsieur, nous vous remercions de
votre attention et espérons que votre intervention très appréciée nous
amènera vers une vie meilleure.
LES REFUGIES
EMPRISONNES AU CENTRE DE DETENTION
DE L’IMMIGATION
DE BANGKOK, THAILANDE
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