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Messages des
détenus |
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VOIX DE REFUGIÉS EMPRISONNÉS Bangkok, le 26 Août 2007 Chère Madame,
cher Monsieur, Nous sommes des
réfugiés Sri Lankais et souhaitons attirer votre attention sur le fait que
nous vous écrivons cette lettre depuis le centre de détention de l’immigration
de Bangkok. Nous avons été
reconnus réfugiés à diverses dates par l’UNHCR (Haut Commissariat des Nations
Unies pour les Réfugiés). Certains d’entre
nous sont en détention depuis plus d’un an, et 19 enfants dont 7 de 1 à 3
ans, 11 femmes sur un total de 58 réfugiés sont actuellement emprisonnés. Le
bureau de l’immigration de la Thaïlande nous a arrêtés pour séjour au delà de
la validité de notre visa, car nous n’étions pas autorisés à étendre ce visa
pour rester légalement dans ce pays. Depuis le 11 Avril 2007, nous n’avons
reçu aucune visite de l’UNHCR, et avons ensuite appris que l’UNHCR n’était
pas autorisé à nous rendre visite. Nous avons
appris il y a quelques jours que les dossiers de la plupart d’entre nous
avaient été transmis par l’UNHCR aux ambassades de certains pays tiers pour
une demande d’implantation prioritaire urgente mais jusqu'à maintenant, nous
n’avons pas eu de détails personnels à ce propos. Nous nous sommes
échappés de notre terre natale à cause du danger de mort que nous y encourrions
et de la guerre civile meurtrière actuellement ravivée. Nous avons fui vers
la Thaïlande pour y demander l’asile politique auprès du bureau de Bangkok de
l’UNHCR, mais nous sommes actuellement emprisonnés comme des accusés. Nous ne
comprenons pas pourquoi nous sommes en prison. Nous n’avons commis aucun
crime en Thaïlande, mais nous-mêmes et nos enfants sommes maintenant
emprisonnés en situation critique sans aucune raison. Nombre de nos
familles ont perdu leur lieu de vie, leurs proches, leur ville d’origine au
Sri Lanka. Nous souffrions déjà physiquement et moralement de cette
situation, mais cet emprisonnement prolongé et indéterminé rend notre survie
encore plus hasardeuse et finira par nous rendre fous. Nous ne pouvons plus
supporter d’être enfermés 24h/24 dans des cellules surpeuplées où la lumière
du jour ne pénètre jamais. Nous oublions jour après jour à quoi ressemblent
le ciel, le soleil, car nous n’avons pas fait un seul pas en dehors de notre
cellule depuis plus d’un mois et demi. Nous vous prions
de faire preuve envers nous d’un minimum d’humanité et de nous aider à être
relâchés de derrière les barreaux. Nos enfants sont
déjà marqués physiquement et mentalement. Ils ont perdu du poids et sont
devenus faibles par manque de nourriture adéquate. Leur futur est
en question, car ils n’ont pas l’opportunité de recevoir une éducation
primaire ou secondaire. Nous sommes
soumis à de terribles privations, et les membres d’une même famille n’ont
même pas le droit de se voir. Parmi tous les
institutions, organisations internationales et pays qui défendent publiquement les droits de l’enfant, est-ce qu’aucun
d’entre eux n’élèvera la voix pour protéger aussi nos enfants? Nous rêvons du jour où l’on accordera à nos enfants le droit de vivre autre chose que la guerre et l’emprisonnement, Nous rêvons du jour où il leur sera offert un lieu pour jouer, rire, grandir et apprendre
librement, Nous rêvons du jour où nous trouverons un lieu de vie où le respect des Droits de l’Homme nous sera également appliqué, Nous rêvons du jour où un pays nous accueillera, nous offrant par là même une chance de construire un avenir décent avec
nos enfants. Quelque soit
l’action qui est en votre pouvoir, nous vous supplions de l’entreprendre afin
que nous soyons libérés et accueillis dans un pays où nous pourrons guérir de
nos blessures et commencer une vie nouvelle. Chère Madame,
cher Monsieur, nous vous remercions de votre attention et espérons que votre
intervention très appréciée nous amènera vers une vie meilleure. LES REFUGIES EMPRISONNES AU CENTRE DE DETENTION DE
L’IMMIGATION DE BANGKOK, THAILANDE |
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VOUS POUVEZ RELAYER LEUR VOIX QUI SERA ENVOYEE AUX AMBASSADES SOLLICITEES POUR LES ACCUEILLIR |